Trois cents secondes

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Couverture Trois cents secondes

Couverture Trois cents secondes

Présentation : nouvelles, format 11*20, 82 pages, 9€, N°ISBN : 978-2-9535673-0-4, publié en décembre 2009.

Résumé : « Je n’ai rien lavé. J’ai juste… écrit. J’ai couché plusieurs centaines de fois cette scène sur le papier. En espérant que tout redevienne comme avant… Je sais, les murs ne tombent pas toujours sous les belles lettres. Mais là, je crois que j’ai fait quelque chose de fort. « Et si ? »… « Et si ? »… Deux mots qui vous empêchent de dormir. Ces deux mots résonnent et surtout, vous empoisonnent, tournent. Brûlent. Des milliards de questions commencent par ces deux petits mots. « Et si ». On sait malgré tout ce que l’on veut faire. Et si j’avais cette deuxième chance ?

Je ne sais pas pourquoi. Peut-être tout juste comment. Mais je l’ai eue. »

Commandez au format papier (9€) ou numérique (5,50€).

 

EXTRAIT :
in, La Révolte du plastique, pages 44-48

Tout avait commencé normalement : un enfant dans un magasin criait pour obtenir un jouet made in japan qu’il casserait sûrement en moins d’une semaine s’il l’obtenait.

Il l’obtint.

En une semaine, le jouet ne ressemblait déjà plus vraiment à ce qu’il était. Au début de son adoption, il était une poupée guerrière. Un treillis qui ne voulait rien dire sur un tel objet, des armes en plastique qu’un véritable soldat n’aurait jamais pu tenir toutes en même temps comme le faisait cette chose plastifiée. Aujourd’hui, ce n’était qu’une chose. Plastifiée toujours mais démembrée aussi. Coloriée. Mâchouillée. Nue. Il faut dire que la vie d’un commando n’est pas de tout repos mais là, le militaire était mort en moins de temps qu’il n’en avait fallu pour le dire. Il ne fut pas le seul d’ailleurs. Des milliers puis très vite des millions de poupées jumelles furent achetées grâce aux cris des enfants dont les parents désemparées par ce boucan qu’il leur mettait une honte migraineuse ne pouvaient qu’ouvrir leur porte-monnaie en guise de bouton off de leur charmante progéniture.

A chaque fois, les poupées subissaient un véritable carnage. Il faut dire que les épreuves étaient toutes identiques : plongeons dans l’eau du bain, plongeons dans l’eau de rinçage de la peinture, coup de ciseaux, dents aiguisées, ajouts d’accessoires au crayon indélébile, abandon sous le lit et enfin, privation de vêtements qui signifiait alors la fin de carrière du jouet. Aucun enfant n’avait procédé différemment.

Les poupées en avaient vraiment assez d’attendre de meilleurs traitements pour leur congénères. Une nuit, alors que le supermarché était enfin calme, l’une des poupées s’emporta :

« Ça suffit maintenant ! On ne peut plus laisser un tel massacre se produire. Demain, ce sera peut- être à nous que ces enfants s’en prendront. Il faut agir ! Qui est avec moi ? ».

Mais aucun jouet ne réagit. Seul un ballon au loin soupirait, attendant la libération promise par la notice « Increvable et roule à tout va en ville, à la campagne, dans le sable ou la terre. ». Un beau destin qu’il attendait depuis déjà bien longtemps. Mais les poupées restaient immobiles.

« Allons, on ne peut pas se laisser abattre ! Réagissez ! Nous devons tous nous soutenir pour espérer être traité autrement ! Qui est avec moi ?

A peine quelques secondes, alors que la poupée pensait être seule et définitivement bonne pour la guillotine enfantine, un membre de son armée lui répondit :

Bien sûr que j’aimerai t’aider mais, si ça se trouve, en nous rebellant, on subira bien pire que les châtiments que certains racontent ! En plus, ce ne sont que des rumeurs ! Un jour, un jouet du dépôt a raconté qu’un enfant l’avait piétiné pour avoir lâché son arme au moindre mouvement. Je pense qu’il voulait juste se trouver une excuse. Il a été rejeté, il n’était pas le cadeau attendu, voilà tout !

« Mais crois-tu que ce soit une raison ? Que l’un des nôtres soit traité ainsi me révolte ! Après tout ce que l’on a subi pour ressembler à ce que nous sommes dans nos boites absolument pas confortables, nous ne méritons pas ce genre de traitement. Cet enfant aurait pu le laisser sur une étagère ou mieux, le donner à un copain, mais non : il l’a violenté et finalement, rendu inutilisable ! » La poupée qui avait lancé sa première révolte commençait à perdre patience. « Mais parfois, les enfants sont gentils ! répliqua un troisième militaire en plastique.

Et c’est toi qui dis ça après ce que t’a fait ce rejeton aujourd’hui ? Planter ses ongles pour voir si ton pantalon est cousu sur ton corps, il fallait y penser tout de même ! Non, je suis d’accord, il faut arrêter ça ! » scanda un quatrième.

Tout l’étalage cria alors : « Faisons leur payer ! On veut bien jouer mais selon nos règles ! » Toute la nuit, les poupées mirent en place un plan d’attaque afin de contrer les assauts des enfants. Garçons ou filles, les militaires n’épargneraient personne. Elles se dotèrent donc d’options non mentionnées sur la boite.

Trois cents secondes

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